Ce que ton score Big Five veut vraiment dire

Un guide en langage clair pour interpréter tes scores Big Five (OCEAN) – ce qu’un score élevé ou faible indique réellement sur chaque dimension, et ce qu’il permet de prévoir de ton comportement.

La plupart des gens qui passent un test Big Five reçoivent leurs cinq scores sans trop savoir quoi en faire. « Ouverture : 78 % » – d’accord, mais qu’est-ce que cela veut dire pour ma vie de tous les jours ?

Voici le guide pratique pour lire ces nombres.

Les cinq dimensions

Ouverture à l’expérience

Ce qu’elle mesure : la curiosité intellectuelle, la sensibilité esthétique, l’imagination, et l’aisance devant la nouveauté et l’abstraction.

Score élevé (70 % et plus) : ces personnes sont attirées par les idées, l’art et les expériences inédites. Elles cherchent plus volontiers des points de vue inhabituels, prennent plaisir à la pensée abstraite et se sentent à l’étroit dans la routine. Elles sont plus représentées dans les métiers créatifs et le monde universitaire.

Score faible (moins de 40 %) : ces personnes préfèrent le familier, le concret et l’éprouvé. Les méthodes établies leur conviennent mieux que les méthodes expérimentales. Le changement les déstabilise plus souvent qu’il ne les stimule. Elles sont plus représentées dans les métiers qui récompensent la régularité et la précision.

Ce qu’elle permet de prévoir : l’ouverture est le meilleur prédicteur de la réussite créative, et ce qui corrèle le plus fortement avec le libéralisme politique dans les populations étudiées. Elle est aussi associée à la tolérance à l’ambiguïté (McCrae, 1987).

Ce que cela ne veut pas dire : une ouverture élevée n’est ni meilleure ni plus intelligente. Les personnes peu ouvertes excellent souvent dans l’exécution, la fiabilité et la qualité, dans des domaines où la nouveauté serait plutôt un handicap.


Caractère consciencieux

Ce qu’il mesure : la discipline personnelle, le goût de l’ordre, la capacité à tenir un cap et la fiabilité.

Score élevé (70 % et plus) : ces personnes sont organisées, minutieuses et fiables. Elles honorent leurs engagements, anticipent et placent la barre haut pour elles-mêmes. Elles sont plus souvent promues, tiennent leurs relations sur la durée et maintiennent leurs habitudes de santé dans le temps.

Score faible (moins de 40 %) : ces personnes sont souples, spontanées et parfois dispersées. Elles anticipent peu et s’imposent rarement une structure. Elles sont plus à l’aise sans système.

Ce qu’il permet de prévoir : le caractère consciencieux est, parmi les Big Five, le prédicteur le plus constant de la performance au travail – dans presque tous les métiers étudiés. Il permet aussi de prévoir des indicateurs de santé, le revenu et la longévité (Barrick et Mount, 1991).

Ce que cela ne veut pas dire : un caractère consciencieux élevé n’empêche ni la créativité ni l’innovation. Beaucoup d’excellents créateurs obtiennent un score élevé : ce sont eux qui vont vraiment au bout du travail.


Extraversion

Ce qu’elle mesure : l’énergie sociale, l’assurance, la propension aux émotions positives et la tendance à chercher la stimulation à l’extérieur de soi.

Score élevé (70 % et plus) : ces personnes puisent de l’énergie dans les échanges, se sentent bien en groupe, parlent volontiers et éprouvent souvent des émotions positives plus fréquentes. Les rôles de direction et les environnements très stimulants les attirent.

Score faible (moins de 40 %) : ces personnes puisent leur énergie dans la solitude, préfèrent les petits groupes ou le tête-à-tête, et réfléchissent avant de parler. Elles ne sont pas « timides » : c’est une confusion avec l’anxiété sociale, qui est autre chose.

Ce qu’elle permet de prévoir : l’extraversion est le meilleur prédicteur de l’émergence du leadership – de qui est choisi pour diriger, pas nécessairement de qui dirige le mieux. Elle permet aussi de prévoir le bien-être subjectif, l’étendue du réseau social et le revenu dans les fonctions à forte composante relationnelle (Judge et coll., 2002).

Ce que cela ne veut pas dire : les personnes introverties ne sont ni moins heureuses, ni moins capables, ni moins accomplies. Elles se portent mieux dans les environnements accordés à leur besoin de stimulation – exactement comme les personnes extraverties.


Agréabilité

Ce qu’elle mesure : l’orientation vers la coopération, l’empathie, la confiance, et le fait de faire passer l’harmonie sociale avant son intérêt personnel.

Score élevé (70 % et plus) : ces personnes sont chaleureuses, coopératives, attentives aux besoins des autres et portées à éviter le conflit. Elles sont en général appréciées et tissent des réseaux solides. Elles risquent davantage d’être exploitées dans les milieux compétitifs.

Score faible (moins de 40 %) : ces personnes sont directes, combatives, sceptiques, et à l’aise pour faire passer leurs intérêts en premier. Elles sont souvent plus efficaces dans la négociation et dans les rapports de force à fort enjeu. Être appréciées les préoccupe moins.

Ce qu’elle permet de prévoir : dans la littérature sur les Big Five, l’agréabilité et la stabilité émotionnelle sont ensemble les meilleurs prédicteurs de la satisfaction dans la relation de couple. Une agréabilité faible va de pair avec un revenu plus élevé sur l’ensemble d’une carrière dans certaines études – en particulier dans des échantillons masculins de secteurs compétitifs (Noftle et Shaver, 2006).

Ce que cela ne veut pas dire : une agréabilité faible n’a rien à voir avec un manque d’éthique ou de bienveillance. Elle signale une aisance dans le conflit direct et un moindre besoin d’approbation sociale.


Stabilité émotionnelle (l’inverse du névrosisme)

Ce qu’elle mesure : la tendance à éprouver des émotions négatives – anxiété, humeur basse, irritabilité, réactivité émotionnelle. Une stabilité émotionnelle élevée équivaut à un névrosisme faible.

Score élevé (70 % et plus en stabilité émotionnelle) : ces personnes restent calmes sous pression, se remettent vite des revers et éprouvent moins d’affects négatifs durables. Elles interprètent plutôt favorablement les situations ambiguës.

Score faible (moins de 40 % en stabilité émotionnelle, donc névrosisme élevé) : ces personnes connaissent plus souvent le stress, l’anxiété, les variations d’humeur et une forte réactivité émotionnelle. Elles sont plus attentives aux menaces et aux risques.

Ce qu’elle permet de prévoir : parmi les Big Five, le névrosisme est le meilleur prédicteur des difficultés de santé mentale et du sentiment de mal-être. Il est aussi associé au recours aux soins, à l’attention portée au risque et – à dose modérée – au soin et à la prudence (Lahey, 2009).

Ce que cela ne veut pas dire : un névrosisme élevé n’est pas un trouble mental ni une faiblesse. Il indique un système émotionnel très sensible – un trait qui présente de réels avantages là où il faut de la vigilance, de l’empathie ou de l’attention aux problèmes qui s’annoncent.


Comment tes scores se combinent

Le point le plus important, avec les scores Big Five, c’est qu’ils interagissent. Une personne à la fois très ouverte et très consciencieuse produit un résultat très différent d’une personne très ouverte mais peu consciencieuse : la première livre un travail créatif abouti et tenu, la seconde accumule les débuts et achève peu.

De même, une agréabilité élevée alliée à un caractère consciencieux élevé tend vers un service méthodique et désintéressé. Une agréabilité faible alliée à un caractère consciencieux élevé tend vers une recherche de résultat menée sans relâche.

Lire les dimensions séparément ne donne qu’une image partielle. C’est dans leur interaction que la personnalité se joue vraiment.

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